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Christophe  total «chaos»

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Christophe  total «chaos»

Message  david le Sam 29 Oct - 11:40

Christophe 


total «chaos»



Alors que son treizième album sort, l’artiste de 70 ans a répondu aux questions de «Libération», chez lui, toute une nuit, au milieu de son appartement plein à ras bord de photos, instruments, juke-boxes, meubles chinois et souvenirs. Beaucoup de souvenirs.

Gainsbourg et Bashung, Jacno et Daniel Darc tous partis, que reste-t-il en France de cette constellation d’étoiles fêlées, à même de concilier la stature de monument pop national et la cinglerie la plus toxique ? A l’heure où Renaud re-re-re-re-revient, tandis qu’on expose à Paris les débris dorés du Velvet Underground, Christophe apparaît l’un des derniers survivants à camper son altière posture dandy avec un pied obstinément planté de chaque côté - à la fois baladin musette et laborantin bizarre. Son treizième album, le magnifique et très bien nommé les Vestiges du chaos (lire ci-contre) s’ouvre sur Définitivement, chanson en forme d’autoprofilage de sa légende narcissique et cosmique : «J’suis le plus pur/ Je vous rassure/ Le plus embrasé.» Sa figure continue de fasciner par son aura de freak heureux, prototype du tombeur crooner court sur pattes dont la poésie résiste aux régimes habituels d’appréciation.

Un entretien avec lui, en sa tanière de Montparnasse, au début du soir, ne saurait être que du même ordre semi-fantastique et hors de contrôle, avec décor de mini-Xanadu détraqué - plein à ras bord de photos, instruments, juke-boxes, meubles chinois et fauteuils de coiffeurs. Personnage lynchien inclus, volubile et dérégulé, au phrasé en saccades, ponctué de claquements de langues, de tics («Comment ?» tous les trois mots), de fragments hachés menus. Des phrases intranscriptibles - on a quand même essayé -, qui tantôt produisent du haïku en rafales («J’suis un mec d’autels, parfois, ça me fait aller à l’hôtel»), tantôt s’évasent en plein milieu en une arborescence boiteuse d’hésitations, historiettes, précisions cryptiques et autres commentaires lunaires. Sans couvercle apparent, sans grandes contraintes horaires non plus. Il avait un temps été vaguement question que l’entretien s’achève à 22 h 30, il a fallu mettre le holà sur les révélations fracassantes vers 4 heures du matin.

Les Vestiges du chaos est un album qu’on aime beaucoup. Marqué par un retour au format pop, à la chanson, alors que les précédents lorgnaient vers la symphonie de poche…
Je ne calcule pas. C’est plus une question de nouveauté par rapport à ma passion de la musique, quoi. Les gens qui m’influencent. L’influence, ça compte beaucoup dans la création. C’est bien d’aimer des gens. Je ne parle pas des trucs qui me donnent du plaisir au quotidien, la Callas-Hooker-Elvis-Bowie-Lou. Enfin, tous les classiques. Je parle de la nouveauté. Parce qu’on sait qu’aujourd’hui, c’est assez difficile de créer quelque chose d’un petit peu… original. En fait, quand cet album a démarré, l’autre était pas fini en 2008. Y a des trucs de 2008 qui traînent sur cet album-là. Même si c’est souvent des vestiges, enfin des poussières quoi. Faut pas s’encombrer, mais tout ce qui n’est pas jeté dans la matière sonore, dans la création, est là pour une raison inexplicable. C’est dans l’air et avec l’ordinateur, c’est plus facile de stocker. C’est l’inconnu qui me nourrit, le connu je le laisse derrière, j’essaie de le sublimer, quoi. Je connais ma façon de fonctionner, je sais que j’suis pas quelqu’un qui va dire : «Tiens, je vais écrire un texte là, parce que je veux faire un album.» Je fonctionne à la rencontre, à l’inconnu, qui équivaut au plaisir, tant que la rencontre est belle.
Le disque Vestiges de l'amour et paradis retrouvéIl y a tout juste vingt ans, printemps 96, Christophe reparaissait, quinquagénaire gominé, après treize années de silence lors desquelles il a surtout peaufiné son lancé de pétanque - il joue de l’argent. L’album Bevilacqua, enregistré allongé en état de transe mediumnique sous la console de mixage, était le grandiose œuvre au noir d’un sorcier du son se décrivant en Tourne-cœur («Beau/ Qui fait rêver les filles»). Depuis, il s’est refait une forme, un nom, une image, un public brassant large, des hipsters tardifs à Drucker, sans jamais rien céder de ses envoûtements alambiqués.

Ce nouvel album de l’entrée dans le grand âge est aussi paradoxalement son plus adolescent, de mémoire récente. Gorgé de sève, de pulpe, de chair, où Christophe, en maître de marionnettes, redéploie l’éternité de sa figure d’homme aux mots galants, à qui les passions filent entre les doigts tel un sablier jamais comblé. Après une doublette d’albums qui visaient l’anéantissement de sa voix dans des fresques stellaires surgonflées en images et textures, les Vestiges du chaos marque un retour sur un point de classicisme, qui a aussi pour lui valeur de point d’origine - la valeur «tube». Son chant retrouve le goût de ce qui lui claque bien en bouche (Tu te moques).

Il reconquiert aussi une nervosité, une allure, une dynamique naguère égarée. La charpente à l’os des compositions balaie ornementations en stuc et engorgements de pure parure pour renouer avec l’évidence limpide du sabre qui tranche. Chaque chanson retrouve ainsi son unité, son climat, son humeur orgueilleuse, coulée dans le raffinement plastique de norias de bourdons synthétiques, de frissonnements de cordes, d’envolées maladives, entre deux ruissellements du piano qui perle ses mélodies pour machines émotives, penchants qu’il brutalise sur le morceau-titre (où il retrouve Jean-Michel Jarre, quarante ans après les Mots bleus). De vestiges et mausolées (l’hommage à Lou) en vertiges des vies fantasmées, rêvées, perdues qui «s’acharnent encore» (Océan d’amour), des titres tels que Stella Botox ou Tangerine affichent, presque fanfarons, la santé et la rondeur d’un single d’artificier, à la fois racé et soluble dans les ondes radio.

Sur le second, l’une des cimes du disque, entre les scansions de hooks minimaux imposant leur loi martiales et les prédications trumpoïdes, aboiements, ahanements de diva rockab au bord du déambulateur de l’idole amie Alan Vega (la voix du duo new-yorkais Suicide a 78 ans), Christophe psalmodie sa comptine éthéro-camée comme une supplique («Le temps ne passera plus jamais/ Ni pour toi, ni pour personne»). Sur l’autre foudroiement absolu de ces Vestiges, une ballade profilée en suspension aérodynamique intitulée Drone («Tout en moi voudrait que tu demeures/ Mais le temps veut autrement/ Du haut de son drone»), le sens, le sensuel et le son se fondent en une gerbe de mémoire pixellisée, en miettes, screenshot entre la gloire et la ruine de ce qu’il pourra bien nous rester de ses traversées intimes.
Christophe, Les Vestiges du chaos (Capitol/Universal) sortie le 8 avril

Une chanson, ça peut être dix ans de travail ?
C’est souvent à coups de bribes. Mais le don d’un créateur, c’est d’avoir (il claque des doigts) la vibration. Au bon moment. Et de comprendre l’engrenage possible. Un peu comme un metteur en scène.
Quand vous dites des bribes, ça revient à quoi ? Un herbier, un tableau que vous entamez sans connaître le motif final ?
Je connais jamais le motif final. Toutes les chansons ont vraiment des failles, chaque chanson a son histoire particulière. C’est un disque que j’ai failli arrêter, pendant dix à quinze jours, à cause de la relation que j’avais avec les gens un peu choisis par mon label et moi-même. A un moment, y a eu des choses qui ont été réalisées à partir de mes maquettes, et ça ressemblait pas du tout au niveau que j’avais envie de donner à cet album. Donc j’ai fait cette cassure, que j’ai voulue, avec ces gens-là. Il s’est passé un truc en moi, terrible. J’ai eu besoin de sortir tout ce mal que j’ai eu, cette incompréhension.
Je me suis remis aux machines, tout ça. Lou, le support de Lou [un morceau hommage à Lou Reed, ndlr] est né dans ce chaos. Et j’ai repris vachement confiance en moi parce que je me posais des questions, c’est normal, par rapport aux trouvailles, aux formes sonores, aux gimmicks. Cette cassure a fait que cet album est comme il est. Mais si l’adversaire avait été un peu plus con, il aurait peut-être pas existé.

Vous décrivez une forme restée longtemps ouverte, et en même temps, on ressent votre technicité du tube, de l’enchaînement de mélodies accrocheuses…
Oui, j’ai un don pour le gimmick. Moi, j’écris pas les cordes, mais je les chante, les cordes ce sont des gimmicks. Et puis, j’ai de la chance, je gère mon affaire tout seul. Ma force, ma guerre, mon art à moi, c’est de la passion. J’ai plutôt tendance… à voir grand. Mes idoles de maintenant, c’est quand même Trent Reznor [leader du groupe Nine Inch Nails], à la limite Black Atlass, mais je suis très difficile dans le choix de musique que j’écoute aujourd’hui. Ce que j’aime bien, et dans la création aussi, c’est fantasmer. J’aime pas qu’on m’impose le fantasme, c’est pour ça que je faisais pas de clips avant. Mais bon, là, j’en ai fait un avec Sara Forestier, qui est une fille super, j’évolue…
Est-ce qu’on peut revenir à cette cassure dans l’histoire du disque ? Etait-ce parce que vous savez exactement ce que vous voulez ou parce que vous épuisez les équipes à ne pas savoir le leur expliquer ?
Ce qui résonne dans ma tête, ce que je veux mettre sur le son, ce que je pensais avoir expliqué aux gens qui travaillent pendant que je suis pas là, par exemple sur les Mots fous : quand j’arrive, ils me font un essai dessus et tout le monde trouve ça génial et moi, non. Je peux pas. Alors, comme je refuse tout, tout le temps, l’équipe, elle se casse. C’est normal. A un moment, ma tête accepte plus qu’on essaye de m’expliquer comment ça pourrait être. Moi, j’ai besoin d’avoir dans la seconde qui vient le gimmick et la robe sonore du gimmick. J’aime pas qu’on me dise, écoute le truc, ça sera pas comme ça à l’arrivée. Non, j’écoute, je dis : ça craint. Ah non, mais moi non, on va même pas le mixer. Alors, j’ai ressorti un DX7 [un synthé] pour faire deux gimmicks, et je l’ai pas sorti pour rien, quoi, ouais. C’est la machine et moi. C’est le chaos lumineux, le chaos positif, de la baise, de l’amour. Le chaos, c’est pas mal, quand on parle d’amour. Je sais pas si vous voyez la méta ?
Euh, oui.
Des fois, vous pourriez me l’expliquer, parce que je comprends pas toujours ce que je dis.



Tangerine, vous l’aviez déjà joué en concert en 2012 avec Alan Vega, dans une version beaucoup plus lente, sans refrain, la chanson n’était pas encore là. Quelle est la trajectoire d’un titre comme celui-là ?
Cette chanson, on l’a trimbalée depuis 2007. Et pourquoi elle est pas déjà sur l’album précédent ? Parce que, moi, je suis un casse-couilles. Je dis : «Non, les gars, je l’entends cette chanson, elle est pas prête.» Vega m’apporte une nouvelle énergie sur le couplet, de l’écouter lui, déjà, ça m’inspire, en 2012. J’ai fait quelques synthés sur le morceau. Il faut savoir mettre les taches de couleurs sur la toile, mais faut pas en rajouter. Sinon la toile, après, tu la jettes. Juste où il faut, ce qui va donner une profondeur. J’ai trouvé la mélodie du refrain y a un an.
J’écoute Vega, une nuit, il est 3 heures du matin, après je vais faire un petit tour au Baron, boire un coup, casser une graine. J’ai toujours un micro prêt pour attraper le truc, je laisse rien passer. Je suis un mec d’instinct, donc je compte beaucoup sur cette chose dans l’inconnu qui vient. Là, c’est le «yop» [du chant en «yaourt», sans paroles]. Quand je fais une chanson, souvent, elle naît avec un yop, d’accord ? Et puis quand je réécoute ça, j’ai mes films, j’ai mes mots, j’ai tout ce que j’écris, il y en a des milliards dans mon ordinateur. C’est des trucs qui sont dimensionnels. Cette matière de yop, elle est vachement importante parce qu’elle est la naissance des images, du film que ça me projette, tu vois. Bien sûr, le sens passe bien après le son.

Je me souviens toujours de l’époque où je fais les Marionnettes, j’avais 20 ans et le producteur, il me fait : «Ah non, tu vas pas chanter ça, tu te fous de ma gueule.» J’impose ma loi, c’est normal, depuis que j’ai 15 ans, j’ai toujours fait ma route en solitaire. J’ai fait mon chemin et c’est pour ça que j’ai toujours été dur avec mes producteurs, parce qu’on va pas t’apprendre ce que tu es, tu vois. Quand tu veux m’atteindre sur mon terrain de créateur, personne n’imagine cette passion que j’ai encore en moi, qui brûle de plus en plus. Encore, si elle se calmait… T’arrives à un âge, normalement, elle s’apaise. Mais ce qui est terrible, c’est qu’elle augmente ! Est-ce que je vais être encore debout longtemps pour l’envoyer ?
Il y a pas mal de gens qui ont collaboré aux paroles du disque. Qu’est-ce qui fait, quand on vous apporte un texte, que vous reconnaissez que tel ou tel peut être une chanson de Christophe ?
C’est des commandes, on m’apporte pas. Y en a qu’un qui m’apporte le texte tout prêt, c’est Daniel Bélanger. Et quand je le reçois, je suis le roi du pétrole. Il a écrit Tangerine et Drone. Y a un truc entre nous, des trucs. (A l’attachée de presse) Tu me servirais un petit ? Il est bien frais, glacé ? J’aime le champagne, enfin j’aime pas d’ailleurs. J’aime bien le boire archi-glacé, comme la vodka.
Daniel Bélanger: «C'est l'inconscient qui parle»«J’ai rencontré Christophe en 2006 ou 2007, à un concert à l’Européen, je crois qu’il cherchait des textes pour son Aimer ce que nous sommes. On a été présentés backstage, par hasard. Et quelques mois plus tard, j’ai appris par un ami français qu’il cherchait mes coordonnées. On s’est donc retrouvés, j’ai fait quelques chansons, on s’est bien entendus parce qu’il chantait n’importe quoi en yaourt, et je procède comme ça aussi. Après ça, plus rien, je n’ai plus entendu parler de lui.

«Il y a un an, j’ai appris qu’il me cherchait encore. On a repris là où on s’était quittés, sans plus d’explications. Il m’a envoyé les chansons, j’ai ciblé celles qui m’inspiraient. C’est très naturel, rapide, pas compliqué, il prend ce que je lui donne. Tout ça en essayant chacun de notre côté de l’océan. Notre rapport est très distant, très franc. Ce qui reste à la fin, c’est les chansons qui m’ont le plus touché : Drone et le refrain de Tangerine. En gros, il m’envoie son yaourt, son "yop" comme il dit, avec toutes les orchestrations. Je m’efforce de faire du sur-mesure, de travailler sur ce qu’il m’inspire, en m’oubliant, loin de ce que j’écris pour moi. Je relève le nombre de pieds, les sonorités qui marchent ou qui posent problème, parce que son yaourt est ascendant anglophone ! J’essaie de trouver des équivalences, des mots autour desquels construire le sens. Quand lui les reçoit, il chante par-dessus le yaourt, et me renvoie le tout superposé.

«J’aime bien ce côté vrai : chaque chose en son temps, et là c’est le temps d’éprouver le texte, pas d’avoir l’air intelligent ou de bien sonner. J’aime ce côté rapide, spontané, artisanal. Il me demande parfois si je veux changer des mots, c’est de l’aménagement, mais notre travail est très cohérent, on n’a jamais été en désaccord. Ce qui est chouette avec son yop, c’est que c’est l’inconscient qui parle, c’est son intuition qui fait sortir des mots, c’est des choses très primitives, proches de ce qu’un enfant peut faire, comme un gosse qui joue avec sa petite voiture sur un comptoir et se fait tout un monde.»
Regarde comment j’écris. Quand je me couche vers 5 ou 6 heures du mat, je regarde un film, jusqu’à 8 heures, tu vois. Après, j’allume la téloche pour voir si y a pas une redif d’Hanouna, parce qu’il me fait rire, j’ai besoin de rire, quand t’as bien gambergé, que tu t’es bien levé tôt. Je passe par Dave, sur la Trois, et cette fille, elle arrive, je sais pas pourquoi. Je vois la meuf, elle commence à chanter une chanson, son 45 tours. Vous allez comprendre pourquoi j’ai fait appel à elle.
Laurie Darmon: «Avec sa voix, il s'approprie le texte»«Stella Botox, le yaourt qu’il faisait, c’était le même motif qui revenait, la même onomatopée qui revenait autant dans le yaourt et la musique. Un mot qui se répète de manière régulière et j’en suis venu à un prénom. J’avais proposé une version avec "Juliette Botox". Christophe a proposé Stella, quelque chose de plus imagé qui pouvait faire penser à une étoile. On échangeait par texto ou mail.

«J’ai toujours écouté Christophe, c’était l’idole de mon père. Même s’il m’a dit de faire les choses de manière très libre et de ne pas imaginer que j’écrivais pour lui, ce qui m’a aidée, j’avais l’idée d’ellipse, de fuite, de suggestion. Il m’avait vue sur l’émission «Du côté de chez Dave», j’avais chanté une chanson dont il avait aimé l’écriture. Il m’a fait des compliments adorables. Pour Tu te moques, il y avait les refrains, je devais juste faire les couplets, je devais poursuivre une histoire déjà là. Je suis allée chez lui, c’est la seule fois où je l’ai rencontré. Il a fait des modifications, mais pas tant que ça. Souvent pour des questions de sonorités, je crois que les rimes ne le soucient pas trop, ça vient de son timbre, il sublime ça autrement. Sur Océan d’amour, il me l’a fait écouter en yaourt, mais il y avait le fragment "le courant t’emporte". Le titre était posé.

«Je suis partie sur une idée de courants, l’univers de l’eau, l’idée de la fuite, une personne qu’il aime mais qu’il ne peut garder auprès de lui, quelque chose de déchiré. J’ai besoin de le maquetter seule en piano-voix pour qu’il puisse imaginer où ça se place. Avec sa voix, il s’approprie le texte, il a pris peut-être un mois et demi pour savoir comment il voulait les chanter. La version finale est différente en termes de phrasé de la maquette, il a interprété à sa façon. L’entendre chanter des paroles que j’avais parfois écrites un peu au hasard, c’est un peu surréaliste.»
Elle écrit comme j’aimerais écrire, elle a un truc, elle a un don, la meuf. Et je la fais venir la nuit et on fait des chansons ensemble, tu vois ? Je la convoque, je lui explique tout. Je dissèque tout, c’est long. C’est fatigant d’expliquer, ça épuise, tu sais, ne pas rater un détail. La fille, elle note des trucs et trois jours après, elle envoie des textes qui sont bons, et je repasse dessus. J’enlève. C’est mon art, le découpage.
Vous avez commandé beaucoup de textes comme ça ?
Mon dossier, si je l’ouvre, tu vas comprendre. Pour l’album, il y a eu 300 textes. Les mecs ont réécrit dix fois.

Quand vous chantez Dangereuse, le danger, au regard de là où vous en êtes, c’est quoi ?
Il est là où il est au quotidien pour tout le monde. Le danger d’avant, il compte pas. Le quartier, l’amourette, c’est pas le même mal, c’est plus ce qu’on vit aujourd’hui. Sorti de ça, on va pas parler de la mort, j’en parle pas parce que je sais pas. Le danger, c’est plutôt vieillir, et se retrouver incapable. Ça, c’est un truc qui me traverse, c’est normal, à 70 balais. Tu n’as plus 30 balais, plus 40, plus 50, t’as même plus 60 ! (Rires) C’est chaud !

Bon, dans une chanson, y a des états, des étapes, la petite dépression qui fait que tu te dis : «Ça va pas être ma tasse de thé, ça fait trois ans que je suis dessus.» Et ça tient à quoi ? A l’inconnu, à un hasard. Définitivement, c’est une chanson qui a un vécu pas possible. Si je rentre pas à 2 heures du matin dans ma piaule dans le Lubéron et qu’il y a pas le téléphone sans fil qui résonne dans un des amplis, s’il y a pas ce groove qui est là, de lui-même, que j’ai attrapé avec mon ordinateur, elle existe pas, la chanson ! Jamais elle existera, parce que je vais pas la créer. C’est le monde qui l’a créée. C’est le truc qui est venu à moi. C’est la magie de la vie.
C’est-à-dire ?
J’suis pas chanteur, j’suis pas musicien. Moi, je suis autodidacte. J’essaie de faire des trucs, de chercher, du son. J’ai pas appris le piano par exemple, je l’ai observé, j’ai pris des cours d’observation. J’ai eu envie, besoin, de comprendre ce que c’est, la mathématique d’un clavier. J’ai jamais voulu apprendre, sinon je serais peut-être pas là, d’ailleurs. Donc, la maquette de Définitivement, elle arrive en une nuit. 2 heures. Il est 2 heures du matin, je suis à Roussillon, dans la petite maison avec la piscine, je rentre, j’ouvre ma porte, j’entends la faille dans l’ampli. Alors, je fais une boucle, je fais des chœurs, des percus en tapant sur ma couette avec ce micro, là. Il y a rien d’autre. Depuis ce yop que j’ai fait en 2012, jusqu’à aujourd’hui, il y a simplement eu la guitare et le texte en français qui sont arrivés, tu vois. Sur le moment, je savais de quoi ça allait parler, que je tenais l’ouverture de l’album. Cette idée que je propose quelque chose de légèrement différent.

Et quand vous cherchez, c’est toujours la nuit ?
Non, parce que quand je travaille sur les Mots fous, c’est sur le voilier où je passe l’été. J’ai ma station en bas, je fais de la voile, et je travaille beaucoup là. Mais normalement, oui, c’est la nuit. Même quand je suis à Tanger, où j’ai beaucoup créé de cet album, beaucoup beaucoup, avec ma petite interface, mon clavier, mon ordinateur. Aujourd’hui, il n’y a pas besoin de grand-chose pour faire un album. T’as envie, tu fais. Mais, si tu veux, moi, j’ai pas chanté le blues parce que j’étais pas black alors que mon admiration n’était que pour les chanteurs de blues. Parce que je les connais bien, profondément, et que je sais que j’ai un truc avec eux. En 78, tu peux pas chanter comme Elvis, tu peux pas chanter du blues en étant un Français, blanc ! Ça n’existe pas ! Moi, c’est le synthé ma came, ma matière. Mais quand tu me demandes tout à l’heure si je pourrais pas faire le disque tout seul, que je produis en un mois, tu me demandes de faire l’album blanc de Suicide, le premier. Le meilleur album possible, et en même temps, t’as l’impression qu’il a été fait en une semaine. C’est la meilleure matière, et tu peux rien faire pareil derrière ça, comme tu peux rien faire derrière la Callas. Il faut bien que le monde continue, mais tu peux pas. Quand t’as eu Caruso, Pavarotti… Tu connais Pavarotti ? T’aimes pas ? Pourtant, quand il envoie sa technique en même temps que son émotionnel… Pfiou… C’est peut-être pas tout, mais d’un coup, c’est une lumière qui arrive. C’est comme Parker dans le sax… Bon, posez-moi des questions.
Quand on vient ici, ce capharnaüm merveilleux, c’est très chargé, quand on vous voit, quand on vous parle, ça part dans tous les sens…
Et je prends rien ! C’est ça le pire, je bois que du thé. Quand je sors dans des boîtes, on me propose souvent, les mecs croient que je prends des choses. Je leur dis : «Laisse tomber, j’ai déjà donné il y a longtemps, c’est pas ma came.» T’as compris ? (Rires)

… tout ça pour dire qu’on ne retrouve rien de ce bazar sur votre disque, où l’on sent que tout est très décanté, discipliné. C’est fou comme on sent que vous allez chercher ça loin. De la même façon que, quand il y a une cassure avec l’équipe, on se dit qu’à votre âge, avec votre carrière, vous pourriez laisser filer…
J’ai la réponse à ça… C’est le plaisir. C’est l’orgasme. Il y en a qui, comment, ben qui ne baisent plus. Et puis y en a qui, plus ça avance dans la vie, plus ils ont envie de baiser. C’est ça, c’est tout. Moi, quand je crée un album aujourd’hui, pour le prochain, il y a déjà des trucs, de la matière qui bouillonne. Il y a les vestiges ! Ce qui compte, c’est de se renouveler après et de créer une différence avec tout ce qui a été fait en même temps. C’est ça, l’inconnu, pour moi. Parce que je sais pas comment j’y arrive. Je pourrai jamais vous l’expliquer, vous, vous pourrez jamais comprendre, mais j’arrive à vous étonner avec mon album et je suis bien content (l’attachée de presse intervient pour dire qu’il reste «un peu moins de dix minutes», rires nerveux). On n’est qu’au début, là ! Mais, eh, tu pourrais me donner quelques glaçons ? Continuons.
Il y a des photos de Bowie partout, chez vous…
Oh, elles ont toujours été là. Je les ai pas mises depuis qu’il est parti faire un tour. J’avais commandé le vinyle de son album, et quand je l’ai écouté, je ne savais pas du tout, je me suis dit, tiens, dès le premier titre, j’entends une certaine fatigue, d’un truc qu’il a dû avoir. Mais j’avais pas du tout projeté la suite et je me suis dit, putain, enfin je vais pouvoir aller le revoir à l’Olympia ou à Pleyel, ça va être trop bon. Et paf, deux jours après… J’étais loin du compte. Depuis, je l’écoute tout le temps, sans penser qu’il est plus là. De toute façon, pour moi, il est présent. Je suis dans l’inconscience de ça, heureusement, j’espère que je l’aurai longtemps et que quand ça va m’arriver, bon, ce sera pareil, je partirai dans un moment de plaisir. En revanche, je sais pas si j’aurai son niveau. Parce que là, le mec, j’ai jamais eu son niveau, faut être cash. Et c’est pas du cabotinage en disant ça. On sait tous ce que c’est, Bowie. Et la manière dont il est parti… J’ai pas voulu lire, j’ai pas besoin de savoir. Pour moi, il est présent, pourquoi j’irais chercher où il est ? Il est là ! (Il désigne une photo du Thin White Duke sur la console de mixage dans la partie studio du salon, entre Bashung et Lou Reed)

Vous avez un rapport très fétichiste aux artistes que vous aimez. Tout ce que vous entassez ici, les débris de mythologies américaines, alors que vous n’avez presque jamais mis les pieds aux Etats-Unis…
Ça m’a tenté, je l’ai vécu parce que j’ai eu des Cadillac, je l’ai joué, j’ai eu tout ce que je voulais. Je suis juste allé à New York, pour entendre les bruits de la ville, parce que ça, ça manquait à mon expérience.
Bref, ça fait soixante ans que vous collectionnez des bribes, des vestiges, des poussières de mythes…
Ah, quand je chine un truc, que je l’achète ou que je tombe en admiration devant, je me raconte pas que c’est de la poussière… (Rires) Dans un premier temps !
Vous pourriez trouver ça beau précisément pour cette raison, pourtant.
A lire
Christophe, dandy «un peu maudit», jamais vieilli
C’est une pensée intellectuelle, ça. Moi, je suis plus dans un truc sensuel. C’est plus des textures… des odeurs. Quand je prends un poste (il pointe les dizaines de postes de radio vintage alignés sur une étagère), j’enlève pas la poussière qui est dessus, je la laisse, mais par contre, je le retourne et je sens le - comment dire - je renifle le derrière du poste ! Bon, c’est un petit peu des madeleines de Proust, on est d’accord. Par exemple, pourquoi est-ce que j’ai toujours une boîte, et non pas un tube de lait Nestlé dans mon frigo ? Parce que j’ai besoin, au quotidien, quand j’ouvre mon frigo, de voir la boîte de lait Nestlé, et non pas le tube, parce qu’elle me rappelle mes 6 ans, 7 ans, chez une femme qui me gardait de temps en temps.

Il y a toujours une femme quelque part dans l’histoire…
Le plus souvent possible (il marque un temps de réflexion). Et donc ce soir, je n’en ai pas, et donc je vais m’arrêter dans une petite épicerie arabe m’en acheter. J’en ai pas parce qu’à un moment, j’en peux plus de la voir, il faut que je l’ouvre, en pleine nuit. Et comme c’est très mauvais pour le foie, pour le ventre - je suis très gourmand, mais je fais attention -, quand j’ouvre ma boîte, je la vide, avec l’eau chaude qui coule dans l’évier, pour pas la boire, et quand je sais que j’en suis arrivé à ce qu’il reste juste trois cuillères, parce que j’ai l’habitude, hop ! Je redresse. Et, ayant éliminé un peu de gras dans l’évier, avec une cuillère à soupe, je vais prendre…
… les vestiges du Nestlé.
Voilà, c’est ça, bien ! C’est vraiment con que j’en ai pas, on aurait pu le faire, avec une jolie boîte. Enfin bon, je prends le truc. Et là, c’est le goût. C’est le parfum. Je finis par comprendre ce que c’est la madeleine de Proust, avec ça. Même si Proust, c’est pas ma tasse de thé, mais…
Vous ne l’avez toujours pas lu ?
Proust ? Non. Moi, je lis pas. Je lis Joë Bousquet, tu connais [poète français d’avant-guerre, ndlr] ?
Oui, c’est autre chose…
Ben, c’est ça ma lecture. Ma première lecture quand j’avais 14 ans, c’était [Edgar Allan] Poe. Très beau. Après, ce que je lis… Moi, je suis moi, quoi (l’attachée de presse reparaît : «Il est l’heure», dit-elle). Non mais là, si on veut rester un peu, j’ai annulé mon dîner…
Vous voulez qu’on repasse plus tard, peut-être ?
Ecoutez, je suis debout jusqu’à 6 heures du matin, c’est quand vous voulez. Sinon, on peut aller manger un bout ? Y a Sara Forestier qui me cherchait pour aller bouffer, mais je vais pas vous l’imposer. Là, je vais aller manger une petite salade d’endives à la moutarde. Rue de Sèvres ! Si vous avez envie… On est bien, là, on est dans les temps, on se prend une voiture, on y va. Je suis libre, je me suis libéré… de tous ennuis. C’est bizarre parce que les gens qui viennent m’interviewer me demandent toujours : «Vous aimez l’ennui ?» C’est un mot que je mets souvent dans mes chansons, et c’est pas que j’aime l’ennui, moi je l’entends pas comme ça. Pour moi, le synonyme d’ennui, c’est le silence, la réflexion. C’est pas comme vous pensez l’ennui, vous, c’est pas au premier degré. Pour moi, c’est quelque chose de planant, qui a une belle résonance. Le mot est beau, alors plutôt que de mettre «le silence», ou «la réflexion», je mets «l’ennui». Le sens n’a pas d’importance, ce qui compte, c’est le son, la beauté du mot.

Comment supportez-vous l’actualité, quand vous vous réveillez et qu’il y a eu un attentat par exemple ?
Je suis très réceptif. Le premier jour, c’est comme si j’avais du plomb dans la tête. Bien sûr, je ne suis pas dans les paramètres des gens qui en souffrent encore à cause de leurs proches et de ce qui se passe. Mais hormis ça, il y a surtout le fait d’être face à un problème qu’on peut pas résoudre.
Il y a que le Bataclan est une salle de concert, mais vous passez aussi beaucoup de temps à Tanger, qui peut être associé à une forme de danger, justement…
Oui, pour ce que j’en sais, c’est un peu chaud. Mais il n’y a qu’un truc qui m’angoisse, c’est de prendre l’avion. Quand je prends l’avion, faut être cash, il y a pas beaucoup de Français, mais moi je ne suis pas français. Je suis un Terrien. Je fais partie de la planète Terre, et je suis né dans le blues. Quand j’avais 9 ans, ma grand-mère était raciste, moi j’adorais les Blacks qui chantaient le blues, et elle m’engueulait : «Ah, y a un nègre !» Je comprenais pas ! Mais ça aide à démarrer la vie, des choses comme ça. Donc non, quand je suis à Tanger, j’y pense pas. Je sais pas si j’y pense pas plus ici, à Paris. A vrai dire, un des plus beaux moments de ma vie, c’est quand j’arrive à Tanger, de mettre les pieds là-bas. Et une fois arrivé, je ne pense plus, j’y suis tellement bien avec les parfums, l’odeur, les gens que je croise. Après, je sais qu’on est différents, je me tiens à ma place, on se respecte, c’est tout, et c’est bien. Et quand je quitte Tanger pour rentrer à Paris, je suis triste.
L’idée du succès, que le disque marche, ça vous importe ?
Non, pas du tout. Je pense surtout à mon avenir. C’est-à-dire à la seconde qui vient. J’ai un parcours assez décalé par rapport à des gens plus formatés dans un métier. Moi, le métier, la carrière, c’est des mots que je prononce jamais, je sais pas ce que c’est. J’ai toujours choisi. Faut juste que je pense à mes vieux jours. C’est pour ça que je me suis penché un peu sur le piano il y a deux ans, avec une virtuose polonaise. Pourquoi ? Parce que tant que je serai debout, il peut m’arriver n’importe quoi, je peux voyager partout dans le monde, jouer du piano et chanter dans n’importe quel bar, comme quand j’avais 15 ans et que je chantais à la Vache enragée ou la pizzeria de Juan-les-Pins. Il y a que ma gueule qui a changé et les années en plus. Comment ça s’appelle, quand on a 65 ans ? Non, pas senior. Pas carte vermeil. Pas troisième âge ! Ah oui, la retraite. Encore un mot que je connais pas du tout. L’idée, c’est d’être en vie, au quotidien, maître de sa route, sans avoir à attendre les droits d’auteur, sinon t’es dans le formol.

Par rapport à ce cabinet de curiosités que vous habitez, tout ce que vous avez pu accumuler de fétiches de mythologies plus ou moins fantasmés et anciennes, plutôt datées, est-ce qu’il y a quelque chose de neuf, aujourd’hui, qui soit aussi intéressant à vos yeux que tout ça ?
Moi, le nouveau, je ne sais pas ce que ça veut dire. Le nouveau, c’est un truc que je vais découvrir plus tard. Quand ça ne le sera plus, justement. Quand y aura autre chose. Je vais tomber sur un objet et dire : «Oh, c’est nouveau ça !» Et on va me répondre : «Ben non, ça, ça a un siècle.» Je suis attiré par une forme de nouveau dont seul mon œil, mon émotionnel, a la notion. Après, si vous me montrez des objets en photo… Moi, je vais pas dans les musées, j’ai toujours eu horreur d’aller mater des tableaux, et d’être quinze, devant, à regarder la même chose. C’est intime d’aller regarder des trucs. Je suis pas allé voir les expos de Bowie ou d’Elvis. J’aime pas me mélanger aux gens pour voir les dessous chics, ça se partage pas, ça. Quand des galeries ont accepté de m’ouvrir leur porte à minuit, j’y suis allé. Mais c’est arrivé deux fois. Les gens veulent pas travailler la nuit.
Vous avez ce rapport au temps qui vous appartient, mais dans le rapport de vos chansons à des choses intimes, au désir, à l’amour, la séduction, est-ce que vous vous sentez vieillir, mûrir?
Vieillir, vieillir…
On a dit mûrir, aussi.
Oui, mais même, c’est pas vraiment ça. J’ai pas des glaces partout pour me regarder, tant que je cours, je me pose pas trop la question. Il y a un épanouissement, je suis comme je suis, j’aime sentir la liberté en moi, ne pas m’inventer des trucs. Parce que ça me plaît ce que je suis, j’ai de la chance. Cette nuit, quand je vais vous quitter, je vais jouer doucement, pour pas réveiller les voisins, faire quelques notes de piano, et je serai bien. De temps en temps, je me mets par terre, je sors toutes les photos, les vestiges, toutes les images de la famille. Je vire des trucs (Il réfléchit). Vous jouez pas au poker, vous ? Parce qu’aujourd’hui, faut être sportif, footballeur, rugbyman ou jouer au poker. C’est un truc de malade. Je fais des petits tournois de temps en temps, j’adore. C’est un jeu, pour apprendre à se connaître, et apprendre à combattre l’autre, c’est extraordinaire. Bon, vous avez une petite faim, vous voulez manger ? Ou alors vous voulez écouter un peu des choses d’abord ? (l’attachée de presse s’en va, l’air au bout du rouleau)

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