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Dreyfus disques Motors.

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Dreyfus disques Motors.

Message  david le Mar 16 Aoû - 14:18



Les disques Motors (interview)



Laura Dreyfus, fille de Francis

Au milieu de l’hiver dernier, on avait appris un peu tard le décès de Francis Dreyfus, artisan d’une poignée de disques d’orfèvres et, accessoirement, créateur des disques Motors. En héritage, le Français avait laissé un post-it, de quoi faire sécher les larmes de ceux qui ne l’avaient jamais connu. Ca tenait sur trois CDs et c’était moins lourd qu’un cercueil, une compilation post-mortem pour refaire la course à l’envers, les cheveux dressés face au talent des pilotes, tous tombés pour la France. Quarante ans après ses débuts, on pensait naïvement que Motors était désormais bon pour l’épitaphe, prêt à tirer les rideaux. C’est alors qu’on me proposa de rencontrer Laura Dreyfus, qui avait décidé de prendre la succession. « Dans la même famille, je voudrais la fille », bonne pioche.



Les disques Motors, quel autre label français des 70’s pourrait aussi aisément être comparé à la rétrospective Nuggets de Lenny Kaye, en assumant aussi bien sa tradition française et ses rockeurs aux airs de loulous mélodistes ayant troqué les costumes hippies contre les perfectos et foulards en soie ? Silence et méditation. On ne refera pas ici l’histoire du label crée par Dreyfus, encore moins le portrait de son champion Christophe, mais on peut légitimement placer les disques Motors sur le podium des labels français à redécouvrir, tant la diversité et l’originalité de ses artistes feraient passer les punks parisiens de l’époque pour des replica de Forbans décoiffés.

Fin novembre 2010, quelques mois seulement après le décès du Saint Père, j’ai rendez-vous avec Laura Dreyfus, pimpante trentenaire ayant décidé de reprendre les rênes laissés libres par son géniteur. Paris est froid, glacial, la rencontre est prévue en fin de soirée, les trottoirs sont trempés, la pluie fine et le siège des Disques Dreyfus ressemble à s’y méprendre à un manoir bourgeois d’un autre siècle, à quelques rues seulement de la place Charles de Gaulle, abritant une petite entreprise qui n’aurait pas connu la crise, portée par les succès anciens de Jean-Michel Jarre (Oxygène, 18 millions d’exemplaires vendus, c’est le meilleur remède contre l’asthme) et dans une moindre mesure par ceux de Christophe. Egalement signé chez Motors, le jeune Bashung des 70’s ne vend pas encore tripette et la maison fait alors crédit ; trente ans plus tard les paris de Francis ont fini par payer et la maison semble toujours aussi solide, portée par quelques signatures récentes (Tanger, Adanowsky) qui assurent à Motors un lifting pas honteux. Retour sur Laura Dreyfus, officiellement gardienne du temple depuis plusieurs mois, elle qui a rejoint son père dès 1997 et semble encore aujourd’hui fascinée par l’héritage paternel, sorte de bolide qu’on ne conduit pas sans ceinture. Car à l’instar de Louis XIV, Dreyfus semble avoir bâti son château au gré des décennies, imposant à chacune d’entre elle un nom, une façade, censée marquer son époque. C’est ainsi que les disques Motors des 70’s laisseront brusquement place aux Disques Dreyfus dans les années 80, avant de donner naissance à des petits frères comme Dreyfus Jazz ou Dreyfus Records Inc. pour les USA. En regardant en arrière, c’est bien la pierre tombale de Motors qu’on aimerait le plus décorer. Encore faudrait-il qu’elle soit complètement refermée, ce qui est loin d’être sûr.

A l’intérieur de la bâtisse des Disques Dreyfus, passé et présent paraissent vivre heureux côte à côte, on admire les vinyles d’époque, les quelques traces des temps plus anciens ; on apprend que tout le catalogue est répertorié sur la même machine à écrire depuis les seventies et que le registre a longtemps été tenu à la main par « papa ». Le temps d’introduire la discussion par quelques punchlines d’usage (« Léonie, c’est Adjani quinze ans avant son premier titre ! ») et voici venu le moment d’interroger Laura Dreyfus sur le pourquoi du comment, tenter de comprendre quelles raisons peuvent pousser une trentenaire à regonfler les pneus d’un label qu’on pensait crevé. Entre patrimoine et succession, de rééditions cultes (la série des Alain Kan en 2007, les inédits de Jarre, le Bevilacqua de Christophe en vinyle en 2011) en nouvelles signatures, la courroie de transmission de Motors fonctionne encore. C’est reparti pour 33 tours de piste.

Quarante ans après sa création, Motors refait surface avec cet objet du culte, 3 CD’s gavés de pépites d’époque.



Comment vous, la fille de Francis Dreyfus, avez-vous découvert ces albums de famille, ces joyaux de la couronne, si je puis dire ?..

Laura Dreyfus : Au fil de l’eau, au fur et à mesure que j’ai commencé à m’investir dans le label.
Je me souviens d’un jour où papa a débarqué avec un vinyle d’Alain Kan – il faut savoir que toutes ses bandes avaient disparu -, c’était Et Gary Cooper s’éloigna vers le désert et moi j’étais sidérée ; j’avais beau travailler à ses côtés depuis des années, je n’avais jamais entendu parler de cet Alain Kan.
Mon père me répond : « fais gaffe, c’est le seul vinyle qu’on a ». Et c’est vrai qu’ils sont précieux ces vinyles, pour beaucoup d’entre eux nous ne possédons qu’un seul exemplaire.
Donc, des vinyles comme celui d’Alain Kan restent un superbe témoignage du passé, des trésors qui permettent de garder une trace des pochettes, des crédits.
Sans ça, peut-être n’aurais-je jamais su que le premier punk français avait été signé par papa, alors que j’ai grandi avec le récit de toutes ces anecdotes.
C’est l’une des raisons qui nous a poussés à relancer Motors, parce que Christophe passait son temps à nous raconter l’histoire du label, nous incitant même à rééditer les compilations ou ses propres albums avec le label d’époque.
De fil en aiguille, Christophe m’appelle un jour pour me dire : « pour relancer le label, je vais te trouver un artiste, ça va être un mec unique ». C’était Adanowsky, un super type pour lequel mon père et moi nous sommes pris d’affection. Faut savoir que jusque là Christophe ne s’était jamais mouillé pour personne, et quant à Adanowsky, il se faisait une joie ultime d’avoir le logo sur sa pochette, il l’a même expressément demandé, en souvenir des disques collectionnés. Tout ça pour dire qu’entre les rééditions du catalogue d’Alain Kan, les nouveaux artistes comme Adanowsky ou Tanger… les dernières années ont été plutôt chargées.

Avec le décès l’année dernière de votre père, fondateur de Motors puis de Dreyfus Records, quel souvenir conservez-vous de toute cette époque ? Et quel futur doit-on imaginer pour le label ?

Laura Dreyfus : Au départ, ça devait être une résurrection éphémère, pour non seulement relancer Motors avec de nouvelles signatures mais aussi – et surtout – pour honorer le passé. J’arrêtais pas de dire à papa que les gens de ma génération s’inspiraient énormément de cette époque, à tel point que selon moi on ne ferait presque pas mieux aujourd’hui. Face à mon enthousiasme, mon père soupirait un peu, mais bon, faut dire que lui et Christophe ont toujours regardé le passé sans nostalgie. C’est tellement rare en France, d’avoir une telle histoire, un tel patrimoine musical, surtout avec des artistes aux caractères euh… particuliers, qu’il s’agisse de Christophe, Alain Kan ou Vince Taylor. Sans parler du chanteur Thierry Vincent qui a débarqué un jour dans ces mêmes bureaux avec un fusil à pompe, menaçant de se suicider. Les artistes Motors, en fin de compte, c’était tous des bad boys, des mecs qui étaient tous de vrais rockers, de Larry Greco – un pro du karaté – à Ferre Grignard – un hippie qui se lavait une fois par semaine, également auteur du Cheveux longs et idées courtes de Johnny. C’est pas rien, ça valait le coup de faire découvrir ça aux jeunes générations.



L’une des grandes surprises de ce coffret, au delà des titres de Lavilliers, Jarre ou Christophe, c’est cette tripotée d’inconnus qui fout une sacrée branlée aux rockeurs de la France des 70’s. Doit-on en conclure qu’à l’époque les gros succès de Motors finançaient tous ces « nobodies in the seventies » ?

Laura Dreyfus : Pas vraiment. On pourrait à tort croire que la grosse écurie permettait de financer tous ces petits artistes, or il faut savoir qu’une grande partie des titres disponibles sur la compilation ont été enregistrés avant les gros succès de Christophe – Les Mots Bleus, les Paradis Perdus – et de Jean-Michel Jarre – Oxygène. Et puis à l’époque, les gens achetaient encore beaucoup de vinyles, il y avait cette tradition du son de qualité, n’oublions pas que les titres de Léonie sont alors produits par Jean-Claude Vannier, qui fera ensuite les mêmes accords pour Melody Nelson avec Gainsbourg.
Et pour revenir aux « inconnus », Ferre Grignard, par exemple, était une star en Hollande ou en Angleterre avec un titre comme Drunken Sailor. En fait, mon père a toujours eu l’envie d’introduire des mecs en France, et même si les succès étaient confidentiels, on vendait quoi qu’il arrive plus de disques qu’aujourd’hui. Mais effectivement, des artistes comme Thierry Vincent n’étaient pas des grands noms du rock français, on le connaissait davantage avec les Pingouins (un groupe de rock français des 60’s, NDR) pour leur tube Oh les filles. Mais au sein du label, ces artistes font un truc beaucoup plus rock et moins commercial que ce qu’ils vont tous faire après. Motors, ce sont aussi les débuts de Bashung, qui hélas n’a jamais voulu regarder en arrière, son passé des 70’s. Je me souviens qu’il avait dans un premier temps donné son accord à mon père pour sortir ces chansons, puis au dernier moment ses avocats ont refusé. Il y a notamment des reprises de Cat Stevens, très rock… Mais enfin, sur la compilation on a quand même Vince Taylor, le seul Américain à avoir fait du rock’n'roll en France.

Quid de Léonie, sorte de Brigitte Fontaine sous LSD ?

Laura Dreyfus : Il faut d’abord souligner l’importance de la transmission, rendue possible par le vinyle. Si t’as pas des parents ou un grand frère cool pour te faire écouter ce type de musique, c’est vachement dur.
Et pour revenir à Léonie, c’est vrai que tu peux pas trouver grand chose sur Internet, très peu de traces d’elle, et si tu n’as pas gardé les documents d’époque, impossible de découvrir son travail.

Sur la mystérieuse disparition d’Alain Kan, je suppose que vous n’avez pas de scoop à me révéler aujourd’hui, n’est-ce pas ?

Laura Dreyfus : Non, bien évidemment. Mais c’est effectivement très mystérieux cette disparition, même Karl Zero avait fait un documentaire plutôt controversé, sans parler de l’émission Perdu de vue. La fin de la vie d’Alain est décadente, mais c’est surtout l’ensemble de son œuvre qui est géniale, au croisement entre music-hall et punk, sans parler de la grande liberté d’expression qu’il avait chez Motors, sachant qu’il a été interdit d’antenne pendant des années.
Ces gens-là, comme Louis de Prestige, ne sont pas connus mais font pourtant partie de la grande histoire du rock français, idem pour le groupe Bahamas, inconnu au bataillon, qui était pourtant composé des musiciens studios de Christophe, Renaud ou Goldman… Pour moi qui ai grandi en pensant qu’il n’y avait que Claude François et Téléphone en France, et rien entre les deux, c’était tout de même une petite révolution.
Idem pour Jacno ou Patrick Vidal, je suis sûre qu’il y a encore des pépites à sortir, des chansons à dépoussiérer.

La compilation avait-elle avant tout vocation à dépoussiérer l’histoire du rock français ?

Laura Dreyfus : Pas forcément. Tout est parti d’un travail de réédition qu’on faisait avec Christophe depuis des années, sur des disques qui n’étaient jusque là jamais ressortis en CD. Mais on n’avait jamais percuté sur le fait que Motors puisse avoir un futur. Et de fil en aiguille, en fouillant aux studios Ferber, on retombait sur des pépites, des titres de Léonie, c’était proprement hallucinant, on a donc commencé à motiver Francis pour donner une deuxième vie à toutes ces chansons. L’histoire de la compilation est donc simplement partie d’un inventaire, avec la peur que les bandes finissent par dépérir, et ce sentiment d’urgence qui nous a poussé à tout numériser. Il faut aussi dire qu’on a la chance d’avoir vécu cette aventure avec René Ameline, ingénieur du son historique des Studios Ferber depuis la nuit des temps. La compilation était annoncée depuis sept ans, et c’est vrai qu’au départ ce n’était pas une priorité pour papa, ça l’emmerdait, le passé.

La création de Dreyfus Jazz, en 1991, était-ce une façon pour lui de tourner la page du rock français ?

Laura Dreyfus : Euh… pas particulièrement. Mais c’était, disons, plus facile pour lui de tout regrouper sous l’appellation Dreyfus, avant même les années 90. Parce qu’à force de bosser de plus en plus avec Jarre aux Etats-Unis, tout le monde finissait par penser que lorsque c’était Motors qui appelait, c’était General Motors… Tu vois le malaise. Je crois qu’en arrêtant les disques Motors, papa souhaitait continuer l’aventure avec un nouvel esprit, un air de renouveau ; ça donne du reste à Motors un parfum de rareté, un esprit vintage. Il faut d’ailleurs savoir qu’avant même la création de Motors, il y a eu Somethin’ Else, pendant 2 ans, en hommage à son jazzman préféré, Cannonball Adderley[3].



Et d’ailleurs, d’où est venu le nom Motors ?

Laura Dreyfus : De Christophe, encore une fois, qui a soufflé l’idée à mon père à cause des courses automobiles.
Ils avaient cette autre passion en commun, et puis Christophe avait encore le permis à l’époque… (sourire). De cette époque, j’ai le souvenir de mon père soudé à ses artistes, comme une grande famille, des gens qui vivaient tous ensemble.
Thierry Vincent est même devenu son Directeur Artistique pendant des années ; ça devait être une époque fantastique à vivre.

Avez-vous encore des contacts avec certains artistes présents sur la compilation ?

Laura Dreyfus : Oui. Et cela nous a permis de renouer le lien avec certains, comme Louis de Prestige que je n’avais pas revu depuis mes 7 ans, ou bien encore Mounsi ou René Ameline. Le fait de leur avoir tous demandé d’écrire un petit texte pour le livret (splendide, au passage, NDR) a permis de reformer le « clan », et de récolter encore d’autres anecdotes. Et puis on a la chance d’avoir Jean-Michel (Jarre) dans notre vie, depuis toutes ces années, qui est officiellement de retour au label avec un album particulier, des inédits (voir la vidéo de fin d’article, où JMJ prouve qu’il est meilleur aux synthés qu’en anglais, NDR). Sans oublier la réédition du Bevilacqua de Christophe, très mal distribué à l’époque, qui reste quand même le seul disque qu’il ait composé et écrit de A à Z.

Lorsqu’on gère un label comme Motors, est-ce difficile de faire cohabiter un passé si lourd avec un présent disons… plus vierge ?



Laura Dreyfus : Au contraire, ça aide ! Ca permet de séduire certains artistes en leur présentant notre histoire, les signatures d’époque ; tout de suite c’est plus crédible. (…) Depuis nos débuts à la tête de Motors, on tenait absolument à ce que le label reste « cool », en limitant les nouvelles signatures, avec le même respect de la ligne éditoriale, toujours un peu dans la marge. Y avait pas mal de trucs rock qu’on aurait pu signer, mais le concept c’était pas de sortir les BB Brunes, fallait impérativement faire attention, effectivement, aux piliers historiques comme Christophe ou Bashung. Et voilà, on ne voulait pas faire de nouveaux bébés rockeurs – encore que j’aurais bien signé Cocoon, mais tant pis – on voulait juste trouver des amoureux du rock, des personnages. Et je crois qu’avec des musiciens comme Adanowsky ou Tanger, on n’a pas à se plaindre. Et pour la suite, on espère avoir de nouvelles aventures, de nouveaux projets.

Des artistes en vue ?

Laura Dreyfus : Actuellement, on a déjà pas mal d’albums en suspens, difficile de dire lequel sortira en premier. C’est donc un peu tôt pour lâcher des noms, faudrait pas non plus leur foutre la pression… Finalement, ce sont toujours des gens qui ont un passé, un historique, et on espère bien que Motors sera un rendez-vous pour faire ici ce qu’ils ne pourraient pas faire ailleurs. La seule chose que je puisse te dire, c’est que ce sont des projets marginaux en cohérence avec notre passé… Bon pour te donner un nom, là on vient de signer en édition un artiste qui va mettre du temps à sortir son album, mais c’est un honneur de l’accueillir, c’est Electric Callas. Un garçon de Lyon qui a connu son heure de gloire au début des 80’s, l’époque de Marie et les Garçons. Callas, il n’a pas fait d’album depuis cette époque-là, je pense donc que ce sera une grosse surprise, même si je ne peux pas encore te dire si cela sortira en 2011. C’est ça qui est cool dans l’histoire, parce que je ne crois pas que moi toute seule j’aurais eu le discours pour convaincre un mec comme ça de nous rejoindre. Motors, c’est aussi le label de papa, ça ouvre des portes.

Mais aujourd’hui, sauf votre respect, c’est plus votre label que celui de votre père décédé…

Laura Dreyfus : Oui c’est notre label… Mais c’est sûr que… disons que depuis que je travaille pour lui, j’ai juste à dire que je travaille pour Francis Dreyfus et tout le monde veut travailler avec nous. C’est la différence d’avec mes collègues qui bossent dans d’autres labels. Honnêtement, il y a une belle ambiance autour de ce que papa a créé, autour de son équipe, et c’est assez magique. C’est ce que les gens nous disent, que ce soit les artistes ou les gens des studios, c’est qu’il était très difficile à l’époque de trouver des gens qui prenaient des risques. Mon père, lui, était un vrai défenseur de la création, un homme engagé dans le combat, qui permettait à ses artistes d’exprimer leurs points de vues avec des musiques marginales qui ne passaient pas à la radio.

Dernière question pour la route, pour éclaircir un mystère : la carrière de Christophe, qui reste l’un des artistes fondateurs du label Motors, est vide de 1983 à 1996, soit une très longue traversée du désert. Savez-vous ce qu’il a foutu pendant toutes ces années ?

Laura Dreyfus : Ah ah. C’est l’époque où sa collection de jukebox a commencé à lui prendre énormément de temps, il travaillait pour plein de boutiques, qui lui demandaient d’acheter, de revendre… Christophe était donc sur la route en train de faire toutes les brocantes.
Pendant les vingt premières années de sa carrière, il disait qu’il avait été très sage, très poli, prêt à chanter en play-back, faire la promo et tout le cirque à la TV.
A un moment dans sa vie, il a simplement voulu vivre sa vie, vivre les années Palace à sa façon.

Aucune chance de voir réédité cet incroyable live de Christophe à l’Olympia en 74 ?

Laura Dreyfus : Malheureusement, non. Mais l’album est très émouvant quand tu vois les images, avec le piano qui tourne en l’air, c’est magique. Surtout quand on sait qu’après ça il n’est plus monté sur scène pendant 30 ans. C’est aussi ça l’histoire de Motors, des mystères et des archives inédites, des émotions vierges même pour moi, qui n’ai pas connu cette époque.





par Bester




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