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Christophe raconte Bashung : « Il était beaucoup dans le silence »

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Christophe raconte Bashung : « Il était beaucoup dans le silence »

Message  david le Jeu 14 Avr - 16:06




Christophe raconte Bashung : « Il était beaucoup dans le silence »




Barclay sort le 26 avril un album de reprises hommage à Alain Bashung, deux ans après sa mort. Douze artistes déclinent le répertoire du chanteur sur « Tels Alain Bashung », le titre du projet. Parmi eux, Christophe, qui reprend « Alcaline », une chanson écrite par Bashung en 1989 sur « Novice ». (Voir la vidéo de la version originale)

Ecouter l'album ICI





Sa reprise croise les univers des deux chanteurs nés avec deux petites années d'écart à la sortie de la guerre. On l'écoute, c'est bien Christophe qui chante. Les « oh ! oh ! » rigolards de Bashung manquent bien sûr, un peu d'orchestration 80's aussi – le titre a mué. (Ecoutez le morceau en exclusivité sur Rue89)



Mais un doute flotte, ne s'estompe pas tout à fait : on se surprend à croire que la chanson est de lui. N'est-ce pas Christophe qui affleure d'une phrase comme :

« T'aimes plus les mots roses que je t'écris ? »

Le chanteur, lui, n'avait rien remarqué. Ni « Aline » dans « Al(cal)ine », ni les mots roses en œillade à ses « Mots bleus ». Quand le titre est sorti, il est passé à côté, même s'il a gardé tous les albums de Bashung dans son appartement du quartier Denfert-Rochereau.

Il a fallu attendre 2002 et une interview croisée des deux hommes par Le Nouvel Observateur pour que Bashung avoue à Christophe l'appel du pied, muet, pudique, espiègle sans doute aussi si le mot n'était pas si sucré. Ça faisait vingt ans qu'ils ne s'étaient pas vus. « Nous étions deux Indiens », dit Christophe aujourd'hui.

« On parlait du travail, on jouait dans ma piaule »

Les deux Indiens se sont bien connus. De cette époque-là, à la fin des années 60, Christophe dit à présent qu'il vivait « à l'envers ». A l'envers, ça voulait dire voir les matins plutôt que vivre la nuit, et aussi voir Alain sur less coup de 11 heures – « se retrouver, c'était un truc de tous les jours. »

Ils partageaient un éditeur et un ami (Francis Dreyfus), « un point de rencontre ». Déjeuners à midi dans une brasserie (toujours la même), après-midi sur le matos que Christophe commençait alors à amasser – il ne cessera pas :

« Je sortais de la période des “Marionnettes” et d'“Aline”,

je décidais de faire ma route, d'être plus près de ma personnalité. Un arrêt volontaire. J'avais l'impression d'avoir avec la musique davantage un contact d'arrangeur. Mon truc, c'était les orchestrations. Je viens de la musique expérimentale, en réalité.

Lui n'avait pas fait de disque et était très country. Rock et blues, bien sûr, mais très country, alors que je déteste ça. On parlait du travail, on jouait dans ma piaule, il chantait parfois, j'enregistrais, j'aimais lui faire le son. On écoutait, beaucoup. A 19h30, il se tirait avec son écharpe, son imper – il portait toujours un imper. »


« Il était beaucoup dans le silence »

Le type à l'imper était un taiseux. Les deux artistes se sont peu parlé, on sent que la sourdine était de rigueur entre eux deux. Ça a duré « un an, un an et demi », « un temps assez intimiste », dit Christophe. C'était il y a quarante ans. Il reste peu de choses de ces heures enfermées. Peu de mots aussi pour trouer la pudeur :

« Il se laissait porter. Un jour, je lui ai même fait enregistrer une belle connerie : un air de Wagner, juste parce que j'aimais “Tannhäuser”, c'est devenu un gros mélo. Il était beaucoup dans le silence. Il venait d'ailleurs : Strasbourg, l'Alsace. Moi, c'est l'Italie. »


« Quand Bashung a percé, il a parfois campé un sourire un peu ironique, un retrait quelque part dans le port du menton. Plus jeune, il souriait peu », se souvient Christophe, sensibilité concentrée. Et puis les deux hommes se sont perdus. Ont perdu de vue le plaisir d'être à côté. Aucune fâcherie, apparemment, un déménagement ou deux éventuellement.

« Je crois qu'au fond, j'espérais qu'il guérirait »

Les années ont filé, indiennes, lointaines. Jamais ils ne se sont vus l'un chez l'autre et Christophe a changé de chez lui, fini par éprouver son temps sans plus sortir. Des retrouvailles de 2002 autour d'« Alcaline », Christophe dit encore :

« Lui qui ne parlait pas se mettait à parler. Moi à me taire. »


Jamais ils n'ont enregistré de duo (« J'ai horreur de ça, sauf sur scène peut-être »). Lorsque Christophe est remonté sur scène après vingt-cinq ans à faire sans, Bashung était dans la salle :

« J'avais écouté tous ses albums, mais toujours les mêmes en fait : “L'Apiculteur”, “Osez Joséphine”. Après ça, on est ensemble jusqu'au bout. »


« Ensemble » ? Quelques concerts tout juste, des moments au téléphone, l'essentiel n'est pas tangible (et vice versa) :

« Il n'est jamais venu chez moi mais personne n'est jamais venu depuis que je vis ici, depuis dix ans, disons. Sauf Louis Chedid peut-être, pour jouer aux échecs, regarder des films. Alain et moi, on était des chats nocturnes. »


La dernière fois que les deux hommes se sont vus, Bashung était « un peu fatigué ». Il ne lui a rien dit du cancer. Puis Christophe a appris. Un jour, au téléphone, Bashung lui a demandé s'il voulait passer chez lui. Christophe n'a pas dit non – il n'a rien dit du tout :

« Je ne l'ai plus jamais vu à partir du moment où il avait changé. Je ne voulais pas le voir comme ça. Je n'avais pas les couilles. Le cancer m'angoisse. Je crois qu'au fond, j'espérais qu'il guérirait. J'ai appris sa mort dans les journaux. »
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Re: Christophe raconte Bashung : « Il était beaucoup dans le silence »

Message  david le Mar 26 Avr - 9:20

C’est aujourd’hui même que sort l’album très attendu en hommage à Alain Bashung disparu le 14 mars 2009. 12 artistes de la chanson et du rock français pour 12 reprises qui nous offrent un nouvel éclairage du répertoire de celui qui se considérait avec le sourire en coin comme « autiste compositeur ».

Alain Bashung n’écrivait pas ses textes, mais il avait le sens de la formule. En lisant le remarquable ouvrage biographique Bashung l’imprudent signé Bruno Lesprit et Olivier Nuc, on réalise à quel point ce dandy rock des grands espaces cultivait une admiration sans limite pour notre langue française, qu’il n’a cessé de vouloir faire sonner en mettant à l’épreuve ses auteurs Boris Bergman et Jean Fauque. Ecartelé entre la fulgurance du calembour et la beauté vénéneuse de la métaphore, entre le surréalisme de Guillaume Apollinaire et l’anti-réalisme de Mallarmé, l’œuvre de Bashung mis en bouche par d’autres dans ce disque hommage se révèle tout à coup plus intime que jamais.

Extrait de « Angora » chantée par Vanessa Paradis

Dans « Angora », Bashung fait allusion à l’asthme dont son fils Arthur souffrait régulièrement. C’était aussi l’occasion de parler de sa passion viscérale pour la race féline, qu’il avait déjà célébrée dans « Chat ». Il y a donc beaucoup de la vie d’Alain Bashung dans ses chansons. Plus qu’on ne le pensait. Pourtant, lui-même disait souvent « personne ne comprend ce que je chante ». La chanson cryptée, Bashung en a fait un art en soi qui, par la grâce du son et du sens imbriqués de façon animale, a toujours produit un sixième sens.

Extrait de « Volutes » par Stephan Eicher

Alain Bashung était l’incarnation française d’un rock en état avancé. Héritier déviant de Bob Dylan, Johnny Cash, Kurt Weil et Eddy Cochran, il avait une mission inconsciente : trouver une deuxième voix au rock français annexé par un certain Johnny Hallyday. Etrange symbole de réaliser que le dernier acte créatif du groupe Noir Désir, « avant séparation et liquidation définitive », est d’être présent sur cet album tribute avec une sidérante version de « Aucun express » qui n’aura pas suffit à leur remettre le pied à l’étrier.

Extrait de « Aucun express » par Noir Désir

Alain Bashung, de son au-delà très recherché, continue donc inconsciemment à produire des disques pour l’histoire. Alain Bashung presque plus vivant aujourd’hui que de son vivant est devenu l’énigme musicale et poétique la plus partagée. Il avait pourtant prévenu dans sa chanson « l’irréel » : « Qui m'aime me suive, Gouffres avides, tendez-moi la main [...] le temps écrit sa musique sur des portées disparues... ».

Il chantait cela dans l’album « L’Imprudence ».

« L’Imprudence ». C’est définitivement le message qu’il laisse comme le plus beau des héritages à celles et ceux qui veulent chanter le monde.




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Dernière édition par david le Mar 26 Avr - 9:48, édité 1 fois
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Re: Christophe raconte Bashung : « Il était beaucoup dans le silence »

Message  david le Mar 26 Avr - 9:37

Christophe Alcaline

Vous connaissez Alain Bashung depuis ses débuts dans les années 60, quelles instants de vie avec vous semble les plus doux à évoquer ?

C. : Je l'ai connu quand il n’était pas connu et moi...méconnu. Je pense à lui souvent, comme si il était là. Je me rappelle de nos jeux coquins. Alain était mon copain, un vrai... il disait toujours qu’il aurait adoré chanter une version d' « Aline » abîmée, comme il l'était. Dans le passé, on déjeunait souvent ensemble et on jouait des mots à la table au moment du dessert. On se donnait des mots, n'importe lesquels et plus c’était n’importe quoi, plus on aimait ça.
Question : Alain a marché sur vos plates bandes en reprenant « Les mots bleus », reprendre son « Alcaline »

aujourd’hui est une sorte de renvoi d’ascenseur ?

Exclamation C. : Avec « Alcaline », il m'a envoyé un jeu de mots : « des mots roses », à résonance d'Aline, c'était son cadeau et moi, je n’avais pas compris le message. Cela faisait dix ans que nous ne nous étions pas vus et je suis complètement passé à côté. Vers 2005, on s’est retrouvés autour de cette chanson, notre chanson quelque part : « Al-Caline ».

Quel souvenir de lui vous revient spontanément en mémoire ?

C. : Quand nous étions enfermés dans le Square Moncey, et qu’il chantait « She belongs to me » : il chantait mieux que Bob Dylan… C’est tout dire non ?!
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Re: Christophe raconte Bashung : « Il était beaucoup dans le silence »

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